Association C@fetiers des sciences

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vendredi 13 août 2010

Journalistes scientifiques et blogs de science

Un questionnaire fut mis en ligne par l'association C@fetiers des sciences en partenariat avec le Cléo/Revues.org, du 6 octobre au 15 novembre 2009, afin d'identifier les nouvelles pratiques ou les résistances des journalistes scientifiques face à un nouveau média : les blogs de science. 73 journalistes scientifiques ont répondu à l'enquête et nous les en remercions vivement. A défaut de constituer un échantillon représentatif du métier, les réponses nous donnent un aperçu de la situation actuelle.

Parmi les répondants au questionnaire ayant déclaré leur sexe et leur âge, les groupes les plus représentés sont les hommes (60 %) et les jeunes (49 % ont 26-35 ans et 27 % ont 36-45 ans). Ils sont répartis équitablement entre le statut de permanent (52 %) et celui de pigiste (48 %), pour une périodicité de publication essentiellement mensuelle (48 %). Quant aux domaines de spécialité (plusieurs réponses étaient possibles), arrivent en tête : l'environnement (32 %), les sciences de la vie (29 %) et la santé (25 %). Puis viennent, en proportion équivalente : physique/maths (16 %), astronomie/astrophysique/espace (15 %) et innovation technologie (14 %).

Plus de 80 % des journalistes ayant participé à l’enquête consultent des blogs de science. Ceux qui ne le font pas (8 %) accusent surtout le manque de temps (36 %) et pointent du même coup le manque d'outils permettant de filtrer et gérer l'abondance d'information. Le rythme de lecture des blogs le plus fréquent est de plusieurs fois par semaine, avec peu de différence entre les journalistes qui les consultent tous les jours (22 %) et ceux qui le font plusieurs fois par semaine (33 %).

Si un tiers des lecteurs de blogs (30 %) attendent des blogs une information de première main, presque la moitié (42 %) y trouve une information filtrée et commentée (plusieurs réponses étaient possibles). Est-ce à dire que les blogs de science leur font concurrence ? Non : la moitié des journalistes interrogés estiment que la presse traditionnelle et les nouveaux médias sont complémentaires (47 %) plutôt que concurrents (4% des réponses). Ils considèrent à 55 % que les initiatives de chercheurs qui bloguent ou utilisent Twitter, Facebook… peuvent apporter quelque chose à la communication et la vulgarisation de la science, plutôt qu'aux vulgarisateurs (36 %) ou à la science (26 %) (plusieurs réponses étaient possibles).

Deux tiers des journalistes scientifiques ont leurs habitudes sur certains blogs (32 % les visitent régulièrement et 42 % sont abonnés par courriel ou flux RSS) tandis que 11 % d'entre eux visitent les liens qui sont portés à leur attention par des "informateurs". Si la majorité d'entre eux déniche de nouveaux blogs de science par hasard, en surfant sur Internet (33 %) ou grâce à un moteur de recherche (22 %), ils sont 49 % à explorer la blogosphère par eux-mêmes, en cliquant d'un blog à l'autre. Le bouche à oreille, les réseaux sociaux et les signalements hors ligne (presse, radio…) ne joue un rôle que dans 34 % des cas (plusieurs réponses étaient possibles).

Ces lectures se retrouvent dans leurs productions : un quart des journalistes scientifiques interrogés a déjà utilisé une information provenant d'un blog (27 %). Ils sont un peu plus nombreux à avoir cité l'adresse d'un blog (30 %) et un peu moins nombreux à avoir cité le nom d'un blogueur (22 %). Pour 23 % d'entre eux, rien de tout cela n'est jamais arrivé (plusieurs réponses étaient possibles).

Parmi les blogs les plus souvent cités figurent côte à côte des blogs de journalistes professionnels ("Effets de terre" par Denis Delbecq, "Sciences2" par Sylvestre Huet, "L'innovation en questions" tenu par une journaliste de l'Usine nouvelle et "En quête de sciences" sur la plateforme LeMonde.fr) et des blogs de chercheurs ou amateurs de science, ainsi que la plateforme anglophone ScienceBlogs. Ils sont deux fois plus nombreux à connaître la communauté du C@fé des sciences (39 %) que la plateforme Hypothèses (15 %), sans doute en raison de la spécialisation en sciences dures de la première et en sciences humaines et sociales de la seconde, en accord avec la répartition du domaine de spécialité des répondants.

Un tiers des journalistes scientifiques interrogés publient eux-mêmes sur un blog (33 %), soit sur un blog personnel (69 %), soit en participant à un blog institutionnel ou de leur rédaction (31 %). 74 % traitent de la science dans leur blog et 26 % d’autre chose. En tête des motivations les plus citées figurent la visibilité et l'insertion dans des réseaux (25 %), la pratique de l'écriture (21 %) et la publication de textes qui n'ont pas leur place ailleurs (21 %), avant la possibilité de toucher d'autres publics (17 %) (plusieurs réponses étaient possibles). Ceux qui ne tiennent pas de blog mettent en avant le manque de temps (51 %) et le manque d'intérêt pour une pratique redondante avec leur activité professionnelle (23 %).

Antoine Blanchard, président de l'association C@fetiers des sciences, remarque : « À travers cette enquête se dessine le portrait du journaliste scientifique dans son temps : à l'aise dans la blogosphère (à laquelle certains contribuent), naviguant de blogs en blogs à la recherche d'une information utile, fidèles à quelques sources pertinentes pour leur travail, qu'ils consultent plusieurs fois par semaine. Par contre, ils se heurtent au manque de temps et d'outils permettant de filtrer et gérer cette abondance d'information. Des communautés ou des portails comme le C@fé des sciences (en sciences dures) et Hypothèses (en sciences humaines et sociales) peuvent les y aider, mais il reste beaucoup à inventer pour exploiter cette manne ! »

Ils en parlent : Sciences et Avenir (13 août)

lundi 31 mai 2010

Le C@fé des sciences signe un partenariat avec le CERIMES

De nombreux internautes consultent chaque jour le portail Science.gouv.fr pour suivre l'actualité des sciences, consulter des dossiers de fond, ou encore accéder à l'internet scientifique francophone grâce à un annuaire thématique très riche. Dorénavant, ils pourront également y retrouver une sélection récente de billets issus des blogs du C@fé des sciences dans une nouvelle rubrique intitulée "Les échos de la blogosphère" !

Ceci est le fruit d'une convention passée entre notre association et le Centre de ressources et d'information sur les multimédias pour l'enseignement supérieur (CERIMES), en charge de l'édition de Science.gouv.fr. Nous sommes heureux de ce partenariat qui va permettre aux blogs de science de figurer en bonne place aux côtés de l'information scientifique traditionnelle qu'ils ont vocation à compléter. Nous remercions également le CERIMES d'avoir fait confiance à la communauté du C@fé des sciences pour représenter la blogosphère scientifique, attestant ainsi de la qualité et la pertinence de nos 25 blogs.

 

Une Science.gouv.fr

 

Les échos de la blogosphère

jeudi 27 mai 2010

Le C@fé des sciences au CNAM

Samedi prochain (le 30 mai), Benjamin Bradu interviendra au nom du C@fé des sciences lors d'une journée "Culture scientifique et technique (CST) sur le web" organisée au Conservatoire national des arts et métiers (Paris). Cette intervention durera 1h30.

Cette journée destinée aux élèves (1e et 2e année) du magister "Sciences et Techniques dans la société : transmission, gouvernance, patrimoine" a été mise en place par Nicolas Loubet, du groupe de réflexion web2CST, et comprendra également une introduction générale consacrée à la CST et une intervention de Philippe Bourlitio (Science et démocratie) au sujet des débats participatifs en ligne.

mardi 11 mai 2010

La communication scientifique à l’heure du web 2.0 dans le mensuel "Vie universitaire"

Le mensuel Vie universitaire consacre son dernier numéro (n°138 – juin 2010) à la question : « communication scientifique : risques et nécessité ». Ce numéro aborde notamment dans sa rubrique Enquête, la problématique de la communication scientifique à l’heure du web 2.0. Pour le C@fé des sciences, Antoine Blanchard donne son avis sur le sujet.

Introduction de l’article :

Alors qu’il existe aujourd’hui une profusion d’outils numériques, la communication scientifique se fait-elle de manière plus directe ? Pas si sûr. Car la communauté des chercheurs hésite à prendre franchement le virage du web 2.0, et ce sont en définitive les institutions qui semblent conduire le mouvement.

Suite de l'article :

"La communication scientifique à l’heure du web 2.0"

mardi 6 avril 2010

Colloque international "Le numérique éditorial et sa gouvernance : entre savoirs et pouvoirs"

Le C@fé des sciences est partenaire du colloque international "Le numérique éditorial et sa gouvernance : entre savoirs et pouvoirs" qui se déroulera à l'Institut national d'histoire de l'art (Paris) du 28 au 30 avril. Nous sommes heureux d'avoir contribué à mettre sur pieds ces journées qui devraient être riches de présentations et d'échanges, autour de l'édition numérique, de la démocratie scientifique, des réseaux de savoirs, de la formation en ligne…

Colloque INHA

J'attire en particulier votre attention sur l'atelier "Nouveaux rapports des chercheurs aux publics" que j'animerai le jeudi 29 de 11h à 13h. Je recevrai Ghislaine Chartron (CNAM, INTD), Bastien Guerry (Wikimédia France), Olivier le Deuff (Université Lyon 3 et Prefics), Alexandre Moatti (Conseil scientifique du TGE-Adonis) et Joëlle Zask (Université de Provence) pour tenter de comprendre comment les réseaux sociaux, la publication en ligne, les plateformes de partage et les blogs — bref, le web 2.0 — transforment l'accès du grand public à l'information scientifique, l'organisation de la communauté des chercheurs et son rapport aux tutelles.

samedi 23 janvier 2010

Actes du Congrès de l'AMCSTI : "Les blogs de science, un nouvel acteur des relations science-sociéte"

L'AMCSTI vient de publier les Actes de son 27e Congrès national (juin 2009), qui avait pour titre : "Sciences, innovation et société : quelles réponses apporter ?"

Vous y trouverez le texte de mon intervention (p. 46), laquelle s'est tenue dans le cadre de l'Atelier D "Autres modes de mise en débat". J'y reviens sur les blogs de science, que je tente de présenter comme un nouvel acteur des relations science-sociéte :

Depuis quelques années, l’univers des blogs offre un territoire nouveau pour discuter de science. Dans l’espace «neutre» d’Internet, qui n’appartient ni à l’institution officielle de la recherche et culture scientifiques ni au politique ou aux porteurs d’enjeu, les amateurs de science de tous horizons peuvent s’informer, participer à des discussions et engager le débat sur des sujets scientifiques ou techniques. Ils cheminent à leur rythme sur des enjeux complexes et se réapproprient des questions longtemps tenues hors de leur portée.

Sophie Pène, dans son intervention au cours du même atelier, enfonçait le clou du tournant participatif de la démocratie sur le web en s'intéressant au versant de la production, à travers le changement des styles de communication propres aux chercheurs :

Les institutions ne peuvent rester en dehors de ces brassées de liens et d’idées que chacun adresse à qui veut. Chacun est invité, mais peu le savent. C’est un chantier pour la communication scientifique et technique, dont dépend la capacité collective à entendre les alertes, à adapter des comportements, à participer aux décisions que la conversation entre sciences et territoire dessine.

vendredi 27 novembre 2009

Jonathan Parienté sur LeMonde.fr

Après Tom Roud sur France inter, c'est Jonathan Parienté du blog "En quête de sciences" qui était mis à l'honneur, à l'occasion de la journée des blogueurs du Monde.fr. Il s'est prêté au jeu de la discussion avec les lecteurs.

Je retiens en particulier sa réponse à la question de Rémi sur les sources d'information scientifique sur le web et l'existence de "labels" ou sélections de qualité :

Des regroupements de blogs et de sites existent, même si je n'aime pas trop le mot de "label". Nous faisons par exemple partie d'un regroupement de blogs scientifiques français qui s'appelle le C@fé des sciences. Il regroupe des blogs scientifiques francophones d'horizons divers : ils émanent de chercheurs, de journalistes, d'étudiants, etc.

Tom Roud sur France inter

Coup sur coup, deux grands médias viennent de faire la part belle aux blogs de science et à la communauté du C@fé des sciences.

Hier, le blogueur Tom Roud était interviewé dans "La tête au carré" (l'émission de France inter, exceptionnellement enregistrée à New York) pour parler de son blog et du C@fé des sciences :

C'est une initiative qui a maintenant 3 ans. On s'est rencontrés virtuellement sur le web avec quelques autres blogueurs scientifiques. Et on s'est dit que se regrouper, ça pourrait permettre de créer une émulation, attirer des gens, avoir plus de visibilité en ligne. Aux États-Unis, il y a la plateforme Scienceblogs.com, un regroupement de blogs scientifiques qui marche très bien, et on pensait que ce serait intéressant de faire quelque chose d'équivalent en français. On est maintenant 25 blogs, avec un nombre de lecteurs évalué à 2.000 par jour.

L'entretien dans son intégralité est à réécouter ci-dessous.

vendredi 9 octobre 2009

Enquête auprès des journalistes scientifiques sur leurs rapports avec les blogs de science

Notre association organise en partenariat avec le Cléo/Revues.org une enquête sur les rapports des journalistes scientifiques avec les blogs de science. L'objectif est de déterminer l'impact des blogs de science, en tant que nouveau média, dans la construction et la diffusion du savoir scientifique. Pour la première fois, une enquête cherche à identifier les nouvelles pratiques ou les résistances des journalistes scientifiques face au chamboulement qu'introduit l'Internet participatif. L'exercice pourra être renouvelé pour suivre l'évolution des attitudes au fil des ans.

Si vous êtes concernés, merci de participer à l'enquête en ligne avant le 15 novembre. Sinon, vous pouvez diffuser l'information dans vos réseaux professionnels.

mardi 15 septembre 2009

EducationCamp à la Cantine

Alors que l'épidémie de grippe A/H1N1 est à notre porte, sommes-nous prêts à assurer une continuité de l'enseignement en cas de perturbation de la vie des établissements scolaires ? C'est en gros la question qui sera posée demain à la Cantine, pour un EducationCamp consacré aux outils numériques et réseaux sociaux capables de maintenir un lien avec les enseignants et entre les élèves. Parmi les organisateurs, on retrouve l'association amie Paris Montagne et le Centre de recherche interdisciplinaire, qui avait accueilli notre soirée "Science 2.0".

Une belle brochette d'acteurs du web 2.0 et de l'éducation en ligne seront réunis pour l'occasion, notre association (et les blogs de science) étant représentée par Elifsu, une adhérente. N'hésitez-pas à aller lui parler si vous la croisez ! En espérant que quelques initiatives intéressantes émergent de ce bouillon d'idées !

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